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ABSENTIA ANIMI (Lambert 1971, p.273)
En automne
En automne losque l’on dit adieu
En automne quand toutes les barrières sont ouvertes sur d’absurdes / prairies
où pourrissent d’irréels champignons
et des ornières pleines d’eau s’acheminent
vers le néant – un escargot s’achemine
un papillon on loques s’achemine
vers le néant qui est une rose fanée
très petite et très laide. Et les moustiques, les saletés
aux frêles pattes, ivres dans la clarté de la lampe le soir
et la lampe elle-même murmure alanquie
que le vain océan de la lumière, le polaire océan de la pensée
aux grandes vagues,
silencieux froissement de l’écume
des séries divisées en séries
de rien par rien à rien
thèse antithèse synthèse abraxas et Thèse
(comme le bruit d’une machine à coudre)
Et les araignées tissent dans la silencieuse nuit leur toile
et tous les grillons liment
Absurde.
Irréel et absurde.
Ça bourdonne dans mon poème
Les mots font leur travail ils sont là
De la poussière tombe dessus, les arrose comme une roée,
pour que le vent enfin (les) fasse tournoyer et (les) dépose ailleurs
celui qui überall cherchera le sens de toute chose s’est
depuis longtemps aperçu
que du murmure le sens est le murmure
comme en soi quelque chose est tout autre chose
que des bottes humides sur des feuilles
pas distraits sur le tapis de feuilles
du parc, câlines les feuilles se plaquent
aux bottes humides, pas distraits
Tu t’erres et te perds
Ne sois pas si pressé
Attarde-toi un peu
Attends
En automne quand
En automne quand toutes les barrières
il arrive qa’au dernier rayon panché après un jour pluvieux
avec de longues pauses hésitant
comme surpris
un merle laissé là chante au sommet d’un arbre
pour rien, pour chanter. Tu vois
son sommet d’arbre se dessiner sur le fond pâle du ciel
près d’un nuage seul. Et le nuage nage
comme les autres nuages et comme laissé là hors saison
essentiellement depuis longtemps ailleurs
et en soi-même (comme le chant) déjà quelque chose d’autre que
Repos éternal
Absurde Irréel
Aburde. Je
chante suis assis là
le ciel un nuage
Je ne sunhaite rien de plus
Je me souhaite au loin, au loin parti
Je suis au loin parti (parmi l’écho du soir)
Je suis ici
Thèse antithèse abraxas
Toi comme moi
Au loin au loin parti
Nage dans le ciel clair
Un nuage au sommet d’un arbre,
Heureuse inconscience.
Au plus profond de moi
l’œil, perle noire, reflète –
demi-conscience heureuse –
l’image d’un nuage.
Cela n’est pas ce qui existe.
C’est quelque chose d’autre.
O loin loin loin
Dans l’au-delà se trouve
Quelque chose de proche.
Au plus profond de moi
Dedans ce qui est proche
Se trouve l’au-delà,
Quelque proche au-delà
Que se trouve ici-loin
et quelgue chse ou bien
ou bien nuage ou bien image
ou bien image ou bien image
ou bien ou bien ou bien
mais quelque chose d’autre.
Tout ce qa’il y a
Est donc autre chose !
Tout ce qa’il y a
Dans ce qui existe
N’est donc qu’autre chose.
(O berceuse de l’âme
chant de quelque autre chose.)
O
non sens
non sentiens non
dissentiens
indesinenter
ter quaterque
pluries
vox
vel abracadabra
Abraxas abraxas
Thèse antithèse synthèse qui se fait thèse encore
Absurde
Irréel. Absurde.
Et les araignées tissent dans la silencieuse nuit leur toile
Et tous les grillons liment
En automne.
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Foto: Berndt Klyvare